En pleine campagne des régionales, la fédération socialiste des Alpes-Maritimes relance le débat sur la mosquée de Nice.

3 novembre 2009

mosqueeEn réponse au débat sur l’identité nationale lancé par Nicolas Sarkozy à des fins purement électoralistes, la fédération socialiste des Alpes-Maritimes n’a rien trouvé de mieux que de relancer le débat sur la grande Mosquée de Nice pour essayer de faire perdre des voix à Estrosi et d’en faire gagner au FN.  Et si le FN passe la barre des 10%, c’est bingo pour les barrons socialistes, c’est la ruée vers les mines d’or régionales. C’est que seule une triangulaire assurera la victoire du super-cumulard Vauzelle pour un troisième mandat.

Car de deux choses l’une, soit Estrosi dit qu’il va faire une mosquée et cela va choquer son électorat prêt à sortir le  fusil à pompe à la vue d’une mosquée, soit il dit qu’il en est hors de question, et non seulement il se dédit mais aussi la gauche s’assure l’électorat musulman ! C’est la double contrainte.

Rappelons la position du groupe  « Changer d’ère » à propos de la mosquée à Nice. Voici ce que déclarait Patrick Allemand le 12 mars 2008 lors du débat Peyrant, Estrosi, Allemand à Nice-Matin :

« J’ai reçu les imams, j’ai longuement discuté avec eux,  et en fait qu’est ce qu’ils souhaitent ? Ils souhaitent un lieu symbole, donc effectivement une mosquée, et ils sont pas du tout hostiles au fait qu’elle se trouve à l’ouest, dans le sens où les musulmans ne sont pas que niçois, il y en a aussi à Saint-Laurent du Var, y en a à Cagnes-sur-Mer, et que c’est, j’allais presque dire, un équipement d’intérêt intercommunal.

Donc simplement je leur ai dit que dans ces conditions là effectivement, moi j’accorderai un permis de construire s’il trouvait un terrain »

Voilà, pour les socialistes des Alpes-Maritimes, la mosquée de Nice c’est un équipement d’intérêt intercommunal ! Ainsi il serait mieux qu’elle soit dans la plaine du Var ! Comme ça les musulmans de Saint-Laurent pourront y aller facilement ! Une mosquée à Nice, oui, mais dans la plaine du Var ! De qui se moque-t-on ?

Le 23 décembre 2007, Patrick Allemand a consacré un billet entier intitulé « Retour de match en tramway », pour expliquer que le stade du Ray est plus facilement accessible de Saint-Laurent du Var qu’un grand stade à Saint-Isidore. Il conclut ainsi :

« L’argument du stade à Saint Isidore pour permettre aux gens de l’extérieur de Nice de venir au stade est moins évident que ce que l’on pense à priori, dès l’instant où on prévoit un endroit pour garer les véhicules. »

Un stade de football en centre ville c’est facile d’accès pour la population d’outre Var, mais une mosquée à Nice c’est difficile d’accès de l’extérieur de Nice et c’est un équipement d’intérêt intercommunal! De qui se moque-t-on ?

La meilleure solution ne serait-elle pas au contraire de faire un grand stade dans la plaine du Var et de construire une grande mosquée à l’emplacement actuel du stade du Ray ?

Il y a donc une certaine tartufferie de prétendre être pour une mosquée à Nice et de relancer ce débat pendant la campagne des régionales. La mosquée de Nice mérite mieux que cette instrumentalisation politicienne qui vise à favoriser une triangulaire avec le FN pour assurer la victoire de Vauzelle.

La droite lance le débat sur l’identité nationale, les socialo-tartuffes des Alpes-Maritimes lancent le débat de la mosquée de Nice ! Pendant ce temps, on ne parle pas des détournements de fonds publics au conseil régional, ni des efforts de la Région en faveur des métiers verts par exemple, comme le suggère l’ami Jef.  J’ose espérer que personne n’est dupe !


Suppression des exonérations de charges sociales pour le sport fric

1 novembre 2009

foot-fricC’est assez rare pour être souligné. Les députés socialistes ont voté jeudi dernier un amendement UMP pour la suppression du Droit à l’Image Collective (DIC).

Il s’agit là d’une niche fiscale scandaleuse pour les sportifs professionnels, une sorte de bouclier fiscal sur mesure qui vient s’ajouter au bouclier fiscal de droit commun.

Le DIC est une exonération de charges sociales, salariales et patronales, pouvant aller jusqu’à 30% du salaire. Ainsi un footeux bas de gamme qui gagne une misère, disons 100 000 euros par mois pour fixer les idées, paie des charges sociales sur seulement 70 000 euros, sur les 30 000 euros restant, le brut est égal au net. C’est cool, hein ?

Le DIC, était supposé «accroître l’attractivité des clubs auprès des meilleurs sportifs qui pourraient être tentés de partir à l’étranger» . Mais comme le rappel Evelyne Bachelot, le dispositif n’a pas fait ses preuves puisqu’il «n’a pas empêché les départs massifs vers l’étranger des joueurs de Ligue 1»

Evidemment David Douillet et Jean-François Lamour, nos deux députés-sportifs, ne sont pas contents ! Lamour en particulier est soit de mauvaise foi, soit il n’a vraiment pas inventé le fil à couper le beurre. Il déclare ainsi ce ne sont pas les sportifs qui sont exonérés d’une partie des charges, mais les clubs. Bon il n’a jamais du lire une feuille de paie.

Le président de l’OGC Nice est scandalisé : “C’est une attaque inssuportable“, assène-t-il dans Nice-Matin ! Pire ‘il tient le même discours que Jean-François Lamour “Il faut bien savoir que le droit à l’image concerne les charges patronales. Les sportifs, eux, paient des impôts sur la totalité de leurs revenus“.

C’est ahurissant de voir une pareille désinformation. J’invite le président de l’OGC Nice à lire le rapport de la Cour des comptes (ici) qui recommande la suppression de cette niche fiscale: En fait, le dispositif mis en place, tel qu’il est désormais transcrit dans l’article L. 222-2 du code du sport, repose sur le principe d’une exonération complète des cotisations sociales – patronales et salariales – normalement applicables à une partie des rémunérations versées aux sportifs professionnels par leurs clubs.

Donc Monsieur le Président de l’OGC Nice, contrairement à vos propos, le droit à l’image concerne les charges patronales et sociales.

Le mot de la fin revient à Pierre Méhaignerie, président de la commission des affaires sociales, qui déclare lors des débats parlementaires : “Notre impôt sur le revenu, après les déductions, est l’un des plus faibles au monde, avec 2,6 points de la richesse nationale. Pour vous en convaincre, je lirai simplement une phrase d’un chef d’entreprise expatrié : Loïc Le Meur, émigré en Californie, racontait ainsi à l’université d’été du MEDEF qu’il payait davantage d’impôts qu’en France et qu’il devait en plus sortir des milliers de dollars chaque mois pour l’école de ses enfants !

Comme dit le député socialiste Jean Mallot, “Et voilà !


La différence entre la gauche et la droite

1 novembre 2009

gauche-droiteLa politique c’est pas compliqué. Regardez ce joli dessin.

La gauche c’est la gauche et la droite c’est la droite ! Vous avez compris ? L’ultra droite (voir les commentaires du post précédent) c’est ultra à droite, l’ultra gauche c’est ultra à gauche.

Mais les Verts, ils sont où alors ? Ca se complique un peu, selon Daniel les Verts redéfinissent EE à leur manière, ça promet ! Aux dernières nouvelles les Verts seraient dans la gauche plurielle avec un refrain “A gauche toute et sans Modem !” Dany n’est pas content, il trouve ce cadre référentiel de la grauche plurielle traditionnaliste et rétrograde. Quel fiel !

Le dernier gouvernement de gauche, c’était bien, on a même gagné la coupe du monde de football !

C’est de l’analyse politique de haut vol, bientôt je vais devenir Professeur des universités associé en Science politique à l’université Paris 8 avec un statut précaire.

J’ai pompé ce zouli dessin sur PMA. Comme dit Nicolas, moi aussi j’ai pas fini de raconter des conneries dans le blog !


Benoît Hamon: “Le Jean Sarkozy de l’université Paris 8″?

29 octobre 2009

hamon-3Je sais, mes copains gauchistes vont encore me dire que je fais du Benoît bashing, mais franchement ce petit garçon au  chômage forcé depuis sa raclée aux dernières européennes exagère un peu. Bien évidemment il est candidat aux régionales dans les Yvelines, c’était assez prévisible qu’une pointure pareille ne puisse supporter de rester un simple militant. J’avais déjà annoncé sa candidature dès le 9 juin dernier, c’est la ruée vers les mines d’or régionales.

Après sa nomination au conseil d’admnistration de l’université Paris 8 en juin dernier Hamon vient d’obtenir un poste de professeur associé dans l’université même qu’il administre ! Un peu comme si un nouvel administrateur d’une société devenait salarié juste après son entrée au conseil d’administration ! On est en plein délire !

La matière de son enseignement sera les grandes organisations internationales ! Et là la coupe déborde, on se demande bien quelles sont les compétences de Monsieur Hamon en matière d’organisations internationales ? En lisant son parcours professionnel, on se dit comme le journaliste Bruno Roger-Petit :

Et voilà. Beaucoup de politique. Beaucoup de postes et fonctions de militant politique qui amèneront sans doute beaucoup d’entre vous à se demander si Hamon a vu un jour des vrais Français de la vraie vie. Mais si on examine à la loupe le parcours, on se demande où sont les cinq années professionnelles passées au sein d’une organisation internationale reconnue? On a beau lire et relire, on ne voit pas de trace de la moindre activité professionnelle à l’ONU, au PNUD, à l’UNICEF, à l’OMF, au PNUE, à la FAO, à l’OIT, et j’en passe une bonne trentaine.

Le parcours réel professionnel de Benoît Hamon se résume à un poste d’assistant parlementaire à l’Assemblée nationale, un poste de conseiller dans un cabinet ministériel et un passage à IPSOS. Point. Bien évidemment, il faut exclure les cinq ans passés au Parlement européen, vu qu’il s’agit d’une fonction d’élu qui ne saurait être confondue avec une expérience professionnelle et qu’au surplus, le Parlement européen n’est pas une “grande organisation internationale”.

Alors que de nombreux docteurs en Science politique n’ont pas de postes, Benoît Hamon arrive à s’auto-attribuer un poste de professeur associé sur les grandes organisations internationales. Très agacé, l’un de ces docteurs en Science politique dit: « Benoît Hamon, c’est le Jean Sarkozy de Paris 8 ».

Lire l’excellent article sur Le Poste Benoît Hamon: “Le Jean Sarkozy de l’université Paris 8″? du journaliste Bruno Roger-Petit que je viens ici de résumer.

Que voulez-vous, Hamon vient de perdre un boulot où il palpait 10 000 euros par mois (salaire + frais de repésentation, lire ici). Le PS serait-il une agence de luxe du Pôle emploi ?

Et voilà. Beaucoup de politique. Beaucoup de postes et fonctions de militant politique qui amèneront sans doute beaucoup d’entre vous à se demander si Hamon a vu un jour des vrais Français de la vraie vie. Mais si on examine à la loupe le parcours, on se demande où sont les cinq années professionnelles passées au sein d’une organisation internationale reconnue? On a beau lire et relire, on ne voit pas de trace de la moindre activité professionnelle à l’ONU, au PNUD, à l’UNICEF, à l’OMF, au PNUE, à la FAO, à l’OIT, et j’en passe une bonne trentaine.

Le parcours réel professionnel de Benoît Hamon se résume à un poste d’assistant parlementaire à l’Assemblée nationale, un poste de conseiller dans un cabinet ministériel et un passage à IPSOS. Point. Bien évidemment, il faut exclure les cinq ans passés au Parlement européen, vu qu’il s’agit d’une fonction d’élu qui ne saurait être confondue avec une expérience professionnelle et qu’au surplus, le Parlement européen n’est pas une “grande organisation internationale”.


Procédure d’adoption de la liste PACA pour les régionales 2010

28 octobre 2009

Un beau dessin vaut mieux qu’une circulaire du Parti socialiste un long discours. Histoire d’illustrer la rénovation qui a fait l’objet d’un joli vote le 1er octobre dernier.

designation-liste-paca

 

En attendant, les militants peuvent déposer leur candidature pour figurer sur la liste jusqu’à vendredi prochain. Good luck !


La lutte anti-corruption, le bal des Tartuffes

25 octobre 2009

tartuffeEn finir avec l’affairisme, telle était l’une des propositions du programme de Patrick Allemand pour les dernières élections municipales à Nice. La proposition était ainsi rédigée:

Les équipes de droite qui se sont succédées n’ont jamais été capables d’en finir avec le climat d’affairisme qui pèse sur notre ville et la discrédite en France et à l’étranger. Quelle que soit la nouvelle équipe, elle sera l’assurance de la continuité : un UMP tentant de succéder à un UMP.

(…) Détacher auprès du maire un magistrat spécialisé dans la lutte anti-corruption.


Cette proposition, c’est un peu l’hôpital qui se moque de la charité. C’est qu’au Conseil Régional PACA, dont Patrick Allemand est le Premier Vice-Président, ce n’est pas pas franchement mieux, c’est même pire. Comme le rappelle à juste titre Patrick Mottard, Il est quand même incroyable qu’un ancien directeur de cabinet de Michel Vauzelle, un ancien directeur général des services, le secrétaire général du groupe PS soient mis en examen pour détournements de fonds publics sans que cela provoque dans la majorité sortante un électrochoc. En effet, plusieurs centaines de milliers d’euros ont été attribués à des associations totalement bidons.

Avec la candidature de Laurence Vichnievsky, magistrate qui a instruit des dosssiers politico-financiers avec Eva Joly, le programme de Patrick Allemand risque de se réaliser au-delà de toutes ses espérances, mais à l’insu de son plein gré. En région PACA, le Parti socialiste est bien mal placé pour donner des leçons d’intégrité !

En mars 2010 voter pour la lutte anti-corruption, contre le clientélisme, pour en finir avec l’affairisme, c’est voter Laurence Vichnievsky, magistrate anti-corruption ! Pour paraphraser Patrick Allemand, Les équipes de gauche qui se sont succédées n’ont jamais été capables d’en finir avec le climat d’affairisme qui pèse sur notre région et la discrédite en France et à l’étranger. Quelle que soit la nouvelle équipe, elle sera l’assurance de la continuité : un socialiste tentant de succéder à un socialiste.

L’académie Biscarra, réunie au grand complet, décerne un Tartuffe d’Or conjoint à Michel Vauzelle et Patrick Allemand.


Laurence Vichnievsky, tête de liste des Verts en région PACA

21 octobre 2009

Laurence-Vichnievsky-Eva-JolyDésignée dimanche tête de liste d’Europe Ecologie pour les élections régionales de 2010 en Provence-Alpes-Côte-d’Azur (Paca), la magistrate parisienne Laurence Vichnievsky, 54 ans, affirme vouloir une «gestion saine» de la région. L’ex-juge d’instruction de l’affaire Elf critique la «politique de guichet» sur les demandes de financement pratiquées par l’équipe de Michel Vauzelle (PS), qui dirige la région avec les Verts. Une instruction judiciaire est aujourd’hui en cours sur des détournements de subventions à la région.

A lire aussi dans Le Figaro Laurence Vichnievsky, la carte éthique des Verts en Paca.

Les casseroles de Vauzelle
Les casseroles de Vauzelle

“Quand je lis dans la presse qu’il y a à l’instruction une affaire de détournement de subventions accordées par le conseil régional, ça me choque, lance celle qui a porté avec Eva Joly l’affaire Elf lorsqu’elle officiait comme juge. Je fais de la politique pour que les choses changent, j’ai envie de remettre de l’idéalisme, du rêve. Que les fonds publics soient gérés proprement. Rien que ça, en Paca, ça semble impossible…

Il n’y a vraiment que les  vrais militants socialistes (élus, aspirants-élus, collaborateurs d’élus, salariés territoriaux,…) qui n’ont pas été choqués par la gestion malsaine des fonds publics de Vauzelle pour pouvoir le désigner tête de liste  pour les régionales….Mais ses casseroles vont rythmer la campagne…. Laurence Vichniesvky (Je sens que P.A. va avoir du mal à ne pas estropier son nom) a parfaitement raison de dénoncer ces détournements de fonds. C’est un vrai scandale passé sous silence par Nice-Matin car il y a une alliance objective entre Estrosi et Vauzelle.

Vauzelle partira donc seul au premier tour des régionales et face à la campagne des Verts qui vont faire de l’éthique un de leurs thèmes principaux de campagne, il va devoir sortir les avirons ! Et dire que Vauzelle serait le meilleur candidat ! Allez, on y croit !


Libération des territoires

21 octobre 2009

Quelle est la célébrité sur cette photo ?

Neanderthal

Réponse A : un instrument de féodalisme

Réponse B : un conseiller général

Réponse C : un militant socialiste

Réponse D : l’homme de Néenderthal

Qui a écrit le texte suivant:

Ces évolutions importantes ne pourront pas s’épargner le choix courageux de supprimer les conseils généraux, ancien instrument d’oppression des territoires et de l’esprit local, devenu aujourd’hui un instrument de féodalisme budgétaire et politique local. Il est souvent devenu d’ailleurs une méthode de domination sur les élus récalcitrants. La tutelle de l’Etat s’est effacée au profit d’une tutelle reconstituée par des notables dont les abus ne rencontrent, s’ils existent, aucun obstacle et aucune contradiction. La suppression des conseils généraux de France est urgente, car elle participera à la véritable libération des territoires.

[...]

Il faudra bien sûr affronter le club activiste des présidents de conseils généraux, très implanté au Sénat et à l’Assemblée nationale grâce au cumul des mandats. Lorsque l’Assemblée nationale légifère sur un sujet relatif à l’administration locale, vous voyez toujours arriver en commission, par vagues successives, les députés directement et personnellement intéressés au problème. Le conflit d’intérêt est direct, total et parfois impudent. Les présidents de conseils généraux défendent dans l’hémicycle des intérêts particuliers alors qu’on leur demande d’être des représentants de la Nation.
L’intérêt de la Nation n’a jamais été l’intérêt des présidents de conseils généraux.

Réponse A : Le président du conseil général de Saône-et-Loire

Réponse B : Arnaud Montebourg (dans son ancienne vie) dans “La machine à trahir”, chapitre “La dictature des élus locaux”


Les fantasmes de la voiture propre

18 octobre 2009

Après la mode des agrocarburants qui in fine se révèlent une solution pire que le problème à résoudre, l’heure est aux fantasmes de la voiture électrique que les médias dominants associés aux politiques cherchant à occuper l’espace médiatique nous présentent comme une voiture propre.

En ce qui concerne les moteurs hybrides, La Toyota Prius qui nous est vendu comme une voiture propre est en réalité un  4×4 déguisé en routière, un véritable scandale.

Quant à la voiture électrique, son bilan carbonne s’avère pire qu’une voiture thermique si l’on recharge les batteries avec de l’électricité provenant d’une centrale thermique. En France, il y a les centrales nucléaires mais celles-ci ne suffisent pas, comme le souligne l’article dans Libération En Watture ! :

Dans un scénario où les automobilistes rechargeraient leur voiture chez eux et la nuit, le nucléaire pourrait suffire. Mais avec le développement de «stations-service» de charge, l’éventualité de pics de consommation devient plus que probable. Et le bilan carbone bien moins glorieux. Et ce, sans même soulever le problème du traitement des déchets nucléaires. Et du nucléaire tout court. Sauvons le climat estime que si 75 % du parc roulant français était électrique (scénario peu probable dans un futur proche, on l’a vu), il faudrait alors mobiliser «de l’ordre de six réacteursEPR».

L’article de Libération conclut ainsi:

«En renonçant à une partie des éléments de confort et de puissance, une voiture standard peut passer, sans surcoût, de 130 g de CO2 par kilomètre à 90 gCO2/km», affirme Gabriel Plassat. «Nous n’avons pas besoin d’une pseudo-rupture».

Ce fantasme de la voiture électrique est relayé par la sphère politico-médiatique (lire sur le blog de SuperNo Fantasmes politiques et tristes réalités à propos de la bagnole électrique). Le meilleur exemple pour illustrer cet emballement politico-médiatique est la dernière proposition du groupe socialiste niçois Changer d’ère consistant à remplacer dans le deuxième canton de Nice des bus de ligne par des navettes électriques. Non seulement cela appauvrirait l’offre de transport en commun mais on est également en droit de s’interroger sur le bilan écologique d’une telle mesure.

En revanche, il ne serait pas inutile d’instaurer à Nice le stationnement gratuit pour les seuls véhicules propres et fiables à ce jour:

Greenspeed

et de supprimer le tarif résidentiel pour les voitures classiques qui est une mesure totalement démagogique visant à capter les voix des automobilistes-électeurs. Ce faisant, nous irions dans la direction proposée par Vincent Cheney dans son article L’impossible voiture propre :

Le problème n’est pas de construire des voitures propres, mais d’arrêter de produire des voitures. Le discours des défenseurs de « l’automobile écologique » rejoint en fait celui des promoteurs du « développement durable » ou de la « croissance soutenable ». Il consiste à repeindre en vert un système fondé sur deux croyances irrationnelles : le caractère infini des ressources planétaires et la capacité illimitée de la biosphère à absorber notre expansion. Une attitude culturellement contre-productive, car elle cautionne un système fondamentalement destructif. A l’image de la voiture propre vantée par EDF, elle présentera un écobilan négatif.


Dette: Benoît Hamon n’a rien compris!

14 octobre 2009

hamon-2Non, ce n’est pas moi qui le dis mais Jacques Sapir dans un article publié dans Marianne.

Quelques petits extraits pour vous faire saliver:

La seule réalité qui compte est celle de l’endettement global des agents de l’économie et non la simple dette publique. Pour avoir oublié cette réalité, tel un Peyrelevade, ou feu un Raymond Barre, Benoît Hamon mérite, si ce n’est un bonnet d’âne, du moins qu’on lui tire (un peu) ses oreilles.

(…)

Attaquer sur la dérive budgétaire alors que nous sommes en pleine crise et que cette crise va durer est tout bonnement irresponsable. Ce qui menace la France et l’Europe aujourd’hui c’est la déflation, pas le déficit public. Vouloir entonner cette antienne c’est préparer les verges avec lesquelles on se fera battre une fois au pouvoir. Car, nos apprentis pères la rigueur du PS trouveront toujours plus à droite et toujours plus rigoureux qu’eux.

(…)

Bref, il est clair que Benoît Hamon a dit là quelque chose qu’il regrettera, et qui ne reflète d’ailleurs probablement pas sa pensée. Pour cela on peut bien lui tirer (un peu) les oreilles…

(…)

Ceci nous ramène à ce qui semble être devenu la stratégie du PS. Quoi qu’il arrive, c’est la faute de Sarkozy et du gouvernement. Il pleut ? C’est la faute de Sarko ! Il fait trop chaud ? C’est la faute de Sarko !

(…)

En fait, Benoît Hamon n’est pas idiot. En tant que porte-parole d’un parti qui a abdiqué toute prétention à changer notre société, il est obligé de donner dans la plus basse démagogie, au risque de rendre son propre discours – celui qu’il tient en tant que dirigeant du courant Un Monde d’Avance – complètement inintelligible et inaudible. Le Benoît Hamon de UMA arrivera-t-il à faire oublier ce que le Benoît Hamon, porte-parole du PS, a dit ? Rien n’est moins sûr. La cohérence est l’un des atouts majeurs en politique, ce que nous savons depuis des lustres. Pour avoir oublié cette leçon, Benoît Hamon mérite bien qu’on lui tire (un peu) les oreilles.